Territoire Culturel

Le Projet

GTC
Groupe Territoire Culturel
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SOURCE :

Enjeux en Matawinie

Depuis douze ans, Groupe Territoire Culturel développe en Matawinie une expérience sociologique grandeur nature, dont la portée est actuellement étudiée par plusieurs chercheurs universitaires, sociologues et historiens d'art (UQAM, Université d'Ottawa).  

L'enjeu : sensibiliser les élus de la Matawinie à l'importance de la création d'un Territoire Culturel, tant pour ses retombées économiques, environnementales et culturelles que pour l'image de la région. Rappelons que le projet a été nommé « projet prioritaire de développement régional » par la MRC Antoine Labelle, lors du sommet socio-économique de 1993, et qu'il a ensuite été appuyé par plus de 60 organismes depuis son démarrage dans la région de Lanaudière.

Cette recherche porte autant sur le rapport des élus au développement culturel en milieu rural, que sur l'examen des contraintes vécues sur le terrain. Un laboratoire révélateur, tant sur le plan des mentalités que des pratiques observées, puisque l'on remarque d'une part le besoin de culture et d'accès à la nature de la population, et d'autre part, la résistance de certains élus à admettre que cette nécessité est légitime, tout en observant une transformation progressive des mentalités, comme en témoigne depuis peu l'intérêt des institutions locales pour la culture en tant que vecteur de développement social et économique. Cependant, on remarque que des zones d'ombres règnent parfois aussi sur le terrain, via le discours contradictoire des institutions, sur un espace où se joue en réalité une intense spéculation territoriale. 

Dans un premier temps, nous examinerons ce qui fait la spécificité de la Matawinie, ce en quoi elle présente des éléments tout à fait pertinents propices à la création un Territoire Culturel. Son relief, sa situation géographique et son orientation récréo-touristique étant certains des exemples qui la prédisposent à soutenir une telle dynamique.  

Dans un second temps, nous pourrons comparer, à titre d'exemple, deux réponses diamétralement opposées quant à la question de l'implantation d'un Territoire Culturel au Québec : celle de la région des Hautes Laurentides, et plus spécialement de la MRC Antoine Labelle, qui a d'emblée perçu l'opportunité stratégique d'un tel projet, et qui l'a nommé « Projet prioritaire de développement régional » dès 1993; et celle de la MRC de Matawinie qui, après dix ans de concertations et de réponses en demi-teintes, a rejeté en 2010 par un vote officiel du conseil des maires, le principe même de l'existence d'un Territoire Culturel, à l'aide d'arguments visant à le désigner comme étant un projet "hors la loi". Un contraste qu'il conviendra d'analyser en prenant appui sur les déclarations officielles de chacune de ces régions et sur le niveau très variable de prise en compte, par les administrations régionales, des aspirations culturelles de la population.

Ces revirements ne nous feront cependant pas oublier que les mentalités évoluent et que la nécessité de protéger notre patrimoine naturel et culturel fait désormais partie des priorités mises de l'avant par la plupart des institutions régionales. En décembre 2012, le projet Territoire Culturel a de nouveau été favorablement accueilli par la direction du CLD de la Matawinie et par la direction des Parcs régionaux de la Matawinie. Depuis lors, une concertation mobilise plusieurs acteurs du milieu, en particulier certains élus qui ont à coeur de faire avancer ce dossier qu'ils considèrent comme essentiel et nécessaire.

Constatant aujourd'hui qu'en ce début de l'année 2014, le Territoire Culturel suscite encore et toujours l'intérêt de plusieurs citoyens et municipalités, prêts à prendre une part active dans la création du projet, nous sommes heureux de poursuivre, plus que jamais, notre engagement.