Territoire Culturel

Le Territoire

GTC
Groupe Territoire Culturel
http://www.territoire.org
info@territoire.org
SOURCE :

Le territoire pilote

Le territoire pilote est situé dans les montagnes de Sainte Émélie de L’Energie, à cinq kilomètres du village, dans le Rang de la Seigneurie. C’est une forêt privée de 100 arpents, typique des hautes terres du Bouclier Laurentien, sise sur un socle en granit qui affleure à la surface, révélant sur la crête des sentiers de très belles formations dites « dos de baleines ». Ces roches, datant d’avant l’apparition de la vie sur terre, comptent parmi les plus anciennes de la planète.

Le terrain, dont le sommet donne sur une vue panoramique à 360 degrés, comprend entre autres de longues terrasses qui se sont formées à la fin de l’ère glaciaire, au moment où les eaux se retiraient. Ces terrasses, orientées nord-ouest / sud-est, descendent graduellement jusqu’à la Rivière Noire, et nous font souvenir que la Mer de Champlain s’étendait autrefois jusqu’à nos piémonts. Parallèle à la première boucle de sentier d’interprétation, qui longe une plantation de pins rouges succédant à un ancien verger de pruniers sauvages, une prairie nommée « Le Champ des vanniers » constitue l’un des bassins de matériaux naturels où nous prélevons plusieurs plantes sauvages pour les ateliers de formation.

Une partie de ce champ est aujourd’hui reboisé, et forme une jeune forêt d’épinettes blanches dont les pousses ont été utilisées pour l’industrie pharmaceutique qui en récolte la sève printanière. C’est dans cette parcelle qu’ont été cueillis les ingrédients nécessaires à la composition de l’Anneda, reconstitution du breuvage historique qui a sauvé Jacques Cartier et ses hommes du scorbut, offert à 5000 personnes lors de l’inauguration de l’Espace 400ème à l’occasion des célébrations du 400ème anniversaire de la fondation de la Ville de Québec. Le MAPAC en a certifié l’origine naturelle, nos essences étant libres de tout pesticide ou autres contaminants.

Plus loin, diverses clairières s’espacent entre plantations de pins rouges, de sapins et d’épinettes blanches, à divers stades de croissance. Plusieurs milieux humides, laissés intacts, ont formé durant ces dernières années des  étangs, réserves naturelles pour la faune, en particulier pour les oiseaux migrateurs qui viennent y nicher. 

De part et d’autre, plusieurs prairies – anciennement terres agricoles – ont été laissées intentionnellement à elles mêmes, afin de pouvoir observer l’évolution naturelle des plantes indigènes et envahissantes. Les grands gagnants de ce peuplement spontané sont : les spirées, les verges d’or, les asclépias, les bleuets, les asters, les achillées millefeuilles, tandis que de nombreuses espèces de mousses ont patiemment colonisé les sous bois, en particulier le clavatum.

La plus grande partie de cette forêt n’a pas été touchée depuis plus de vingt ans. Nous avons préféré laisser reposer ces parcelles actuellement soustraites à l’exploitation forestière. C’est pourquoi, livrée à elle-même, cette forêt nous a révélé des trésors qu’ailleurs, nous n’aurions sans doute pas découvert. Et, puisqu’en dehors des clairières et des prairies exposées en plein soleil, qui forment plusieurs micro climats favorables aux arbres fruitiers et aux légumes sauvages, cette terre est orientée vers le nord, elle reçoit moins fréquemment la visite du soleil et plus souvent celle des vents froids, ce qui explique la présence de ces dégradés humides où l’on retrouve non seulement l’if du Canada, mais aussi diverses variétés de fougères, de champignons et d’aralias.

Le territoire pilote comprend aussi d’autres essences forestières : pin blanc, mélèze, érable à sucre et érable rouge, hêtre, bouleau, peuplier et cèdre. Chaque printemps, la récolte d’eau de bouleau est devenue une tradition, tout comme l’est la cueillette gastronomique de nombreuses espèces de salades et de fleurs sauvages. De plus, on y récolte aussi du pollen de conifère, selon une technique unique au Québec, en vue de son utilisation médicinale et gastronomique. De l’ancien verger agricole, actuellement en cours de réhabilitation, on retiendra la présence de plusieurs espèces de pommiers, de noisetiers, de pimbinas et d’amélanchiers, ainsi que toutes sortes de rosacées. Sans oublier l’insistant cornouiller, dont les tiges rouges et vertes forment par endroits une véritable jungle.

Quant à la faune, elle est aussi abondante que maître de son territoire : si les orignaux se font rares, les ours y ont leur tanière et nous font connaître les restes de leur repas fruité ; les chevreuils s’y promènent librement, tandis que renards et ratons laveurs se montrent parfois. Mais il est surtout deux espèces que l'on ne peut manquer, dont les pistes se croisent de toutes parts dans la neige : lièvres à ne plus savoir où plonger sa truffe, et perdrix à donner le tournis. Parmi pins rouges et pommiers sauvages, le territoire pilote n'est pas loin du paradis…