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Résidence de recherche et création, du 9 au 11 mars 2012

Sous la direction d'Isabelle Miron, professeur de création littéraire à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), six chercheurs du groupe de recherche de 2e et 3e cycle du département d'études littéraires, seront en résidence au Territoire Culturel du 9 au 11 mars 2012, pour vivre une expérience de retraite silencieuse en forêt. Un projet singulier, intitulé « L'écriture du retrait. Expériences et réflexions », qui déplace l'enjeu de ce questionnement au coeur de la nature.

« Ce groupe de recherche-création se propose d’explorer les espaces et les formes de retrait qui, dans un réel saturé de signes (mots, images et sons), se présentent dans le travail créateur comme un envers et une restauration du rapport à soi et au monde. Faire silence en effet n’est pas seulement se taire, et se mettre en retrait ne consiste pas seulement à s’éloigner. Dans les deux cas se définit pour l’écrivain un nouveau rapport à soi et au monde mettant directement en jeu sa corporéité, sa conception du temps et de l'espace, et plus globalement son système de valeurs. Selon l'anthropologue van Gennep, cette séparation de la société et l'expérience dite liminaire qui s'ensuit peuvent être vues comme les deux premières des trois étapes vers la transformation (le renouvellement, le réenlignement sur des bases nouvelles) d'un être et, par conséquent, du sens de son existence.

Dans le cadre du travail créateur, nous croyons que l’expérience de retrait et de silence au Groupe Territoire Culturel (GTC) pourra concourir à la redéfinition de la posture de l'écrivain. Nous entendons par posture la manière qu'a l'écrivain d'envisager et d'investir son travail, le sens et la fonction qu'il lui attribue, les questions éthiques et esthétiques qu'il entend poser à lui-même comme à la société par le biais de son œuvre. L'œuvre d'art, nous dit Georges Steiner, appelle à la fois une rupture et une rencontre. Par l’expérience de retrait et de silence au GTC, nous voudrions offrir une expérience de rupture par laquelle il sera possible de questionner notre confort et nos habitudes, notre vision de nous-mêmes et des autres, expérience nécessaire à une rencontre inédite de l'écrivain avec son œuvre et, ultimement, avec ses lecteurs.

Si le divertissement (auquel nous sommes pour ainsi dire astreint dans notre monde postmoderne) « nous ramène sans cesse à nous-mêmes, ne nécessite aucune attention particulière, et nous sépare en fin de compte du monde (Bernard Émond) », cette expérience de retrait et de silence nous permettra de confronter ce divertissement et, espérons-le, de nous ouvrir à cette altérité que nous portons et qui, nous le croyons, constitue pour le créateur un gage de vérité et ultimement de responsabilité éthique envers soi comme les autres ».

Source : Isabelle Miron