Territoire Culturel

Groupe Territoire Culturel

GTC
Groupe Territoire Culturel
http://www.territoire.org
info@territoire.org
SOURCE :

Domingo Cisneros

Artiste et écrivain canadien d'origine mexicaine, métis de la nation Tepehuane, Domingo Cisneros est né à Monterrey, Nuevo Leon, en 1942. Après avoir étudié l’architecture, la philosophie et les lettres à l’Université de Nuevo Leon, et remporté la première bourse d’Amérique latine pour étudier le cinéma à l’UNAM (Université nationale autonome de Mexico), il fonde les deux premiers ciné-clubs universitaires hors de la capitale, ainsi que les revues La Rabia et Cine-Estudio. Il publie ses premiers textes poétiques et écrits critiques dans des quotidiens mexicains, réalise un court-métrage apocalyptique sur l'accélération du temps dans la ville de Mexico et collabore à plusieurs films, notamment Azul de Marcela Fernandez Violante. En 1968, il émigre au Canada, résidant d’abord à Montréal où il travaille pour le Bureau Consultation Jeunesse et pour Radio Centre-Ville. Il s’installe ensuite à La Macaza, dans les Hautes-Laurentides, où il enseigne les arts et dirige le Département des Arts et Communications du Collège Manitou, premier collège post-secondaire amérindien en Amérique du Nord. Il y développe un programme d’études en arts traditionnels et contemporains agréé par le Ministère de l’éducation du Québec, grâce auquel il forme une première génération de leaders et d'artistes autochtones, dont Ghislain Picard, devenu Chef des Premières Nations du Québec et du Labrador, et Edward Poitras, représentant du Canada à la Biennale de Venise.

Considéré par les grandes institutions culturelles canadiennes comme l’un des chefs de file de la renaissance de l’art contemporain autochtone et comme l’un des pionniers de l’art socio-écologique, Cisneros a représenté le Québec et le Canada lors de nombreux événements internationaux, tant comme porte-parole officiel, que comme consultant et commissaire d’exposition : à Environnement 2000 avec Hubert Reeves et Edgar Morin en 1990 ; à la IVe Biennale d'art de La Havane, Cuba, 1991, où il constitue la première délégation canadienne francophone ; aux Jeux Olympiques de Lillehammer, 1993 ; au Trinational Jury, National Endowments for the Arts, à la Maison Blanche, Washington D.C., 1994. Cisneros a également siégé comme jury et consultant au Ministère des Affaires indiennes et du Nord, au Conseil des arts et lettres du Québec, au Conseil des Arts du Canada et dans d’autres institutions canadiennes. Il a lui-même été récipiendaire à de nombreuses reprises de bourses de recherche et de création du Ministère des Affaires Culturelles, du CAC et du CALQ.

Parmi ses expositions solos, mentionnons Requiem for Sarain Stump (Galerie des Beaux Arts du Vermont, USA, 1975), Homenaje a Manitou (Galeria de Arte Mexicano, Mexique, 1979), Deathwatch (Emily Carr College of Art, Vancouver, 1981), Cronica Boreal (Centre Saidye Bronfman, Montreal, 1983), Le bestiaire laurentien (Musée du Québec, 1988), Installations (Le Lieu, Québec, 1992), Sky Bones (Mendel Art Gallery, Saskatoon, 1993), Resurreccion chichimeca (Museo Carrillo Gil, Mexique, 1994), Breaking Boarders (St Norbert's Art Centre, Manitoba, 1997) et La reconquête : Paradis, Enfer, Purgatoire (Le Lieu, Québec, 2008). Parmi ses installations environnementales in-situ, retenons Winter Works (Lac Macaza, 1989), Proyecto Chichimeca (déserts des états de Durango et Coahuila, Mexique, 1994), Parole de Lauzes (Parc naturel des Monts d'Ardèche, France, 2001), et Wampum 400 : une commande de la Ville de Québec pour les Jardins éphémères de l'Espace 400e, réalisée avec Sonia Robertson à l'occasion du 400e anniversaire de la Ville de Québec, 2008.

Premier récipiendaire du Grand Prix de la Culture des Laurentides en 1990, Cisneros s'est consacré au développement culturel de sa région, notamment en contribuant à transformer l’ancienne gare ferroviaire de L’Annonciation (Rivière Rouge) en galerie d’art ; en créant une série de sculptures et de légendes, « Le Bestiaire Laurentien » livre et exposition qui ont circulé durant trois ans à travers le Canada ; et en fondant les premiers groupes canadiens d’artistes en art nature, Boréal Multimédia (1986) et Les Précambriens (1993).

Après que la foudre eut détruit entièrement sa maison et son atelier en juin 1996, Cisneros séjourne dans l’Ouest canadien, enseignant les arts dans plusieurs musées et institutions culturelles : Banff Centre for the Arts (Alberta), Regina College of Arts (Saskatchewan), Boreal Forest Institute of Indigenous Arts (Keyano College, Fort McMurray), St Norbert Cultural Centre (Winnipeg, Manitoba), Edmunton Art Gallery (Alberta), Western Front (Vancouver).

En 1999, il s’installe en Matawinie, au nord de la région de Lanaudière. Avec Antoinette de Robien, il fonde le Groupe Territoire Culturel et le CREAF, Centre de recherche et d'expérimentation des arts forestiers, un laboratoire dédié à la création de prototypes de produits forestiers non ligneux (PFNL) utilisables dans les arts, l'industrie et la gastronomie. Plusieurs projets de recherche ont été soutenus par le Ministère des ressources naturelles du Québec et plusieurs des inventions de Cisneros font l’objet de partenariats de recherche avec des universités, notamment « l’argile végétale » et le « cacao forestier ».

Cisneros est également connu pour avoir conçu et développé le concept et projet « Territoire Culturel » à la suite d'une première expédition « d’Art Aventure » dans la Zone du Silence, Mexique en 1984. Ce projet a pour but de mettre en valeur le potentiel artistique de grands espaces sauvages. En France, le concept de « Territoire Culturel » a été adopté par l'association Sur le Sentier des Lauzes, qui l'a invité à réaliser une série de sculptures en montagne, pour l'inauguration de la « Vallée culturelle » de la Drobie, lors de la fondation du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche en 2001. Le site, « Parole de Lauzes », est aujourd'hui une destination touristique de la région Rhône-Alpes/Méditerranée. Au Québec, un premier « Territoire Culturel » a été créé dans les Hautes-Laurentides, pour l'ouverture du Parc régional du Réservoir Kiamika en juin 2013.

Plusieurs films documentaires pour le cinéma et la télévision ont été consacrés à Cisneros, et son œuvre écrite et visuelle fait l’objet de nombreux mémoires, thèses, essais, catalogues et publications universitaires.

Auteur de plusieurs déclarations d’artistes, manifestes, poèmes et textes de fiction, édités et traduits dans plusieurs langues (Deathwatch, Cronica Boreal, De Mineralis, Nous Solidagos, Codex Ferus, Aimuk, Ars Magna), Cisneros a publié récemment plusieurs textes aux éditions Mémoire d’Encrier et dans les revues Inter, Les Écrits, Les Carnets de la Traversée (UQAM) et Moebius (meilleur texte de l’année, 2010). Il a fait paraître « 100% mixed materials » dans le premier numéro de la revue Apulée, aux éditions Zulma, ainsi que « Pointe à Chouinard » dans le recueil « J'écris fleuve » paru en 2016 aux éditions Leméac.

En octobre 2016, son livre " La Guerre des fleurs - Codex Ferus » paraîtra aux éditions Mémoire d'encrier dans une traduction d'Antoinette de Robien.