Territoire Culturel

CREAF / L’Herbier Matawin

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SOURCE :

Molène

Verbascum
Tabac du diable, Bouillon blanc, Bonhomme
Great Mullein

Origine / Habitat

La Molène est originaire d'Europe, il en existe environ deux cent espèces, et elle se répand jusqu'en Asie centrale et au nord de l'Afrique. Sur le continent américain, elle s'est considérablement propagée là où bon lui semble. Considérée communément comme une mauvaise herbe, elle est au contraire très appréciée de ceux qui connaissent ses vertus. En Matawinie, on la rencontre entre les rochers ensoleillés, dans les lieux secs, les terres abandonnées et sur le bord des chemins.

Description

Une fois qu'on a reconnu cette plante, on ne peut pas l'oublier, surtout lorsqu'en pleine floraison. Dressée sur une tige très solide et plus haute que la plupart des plantes, elle pousse comme un cierge à une vitesse impressionnante. Elle peut atteindre deux mètres de hauteur. Sa tête est un épi vertical recouvert de centaines de petites fleurs jaunes, qui parviennent à se fertiliser sans l'aide des insectes. Ses feuilles sont épaisses et ovales, mais surtout laineuses au toucher. Une fois sèches, elles conservent leur texture veloutée. La Molène est une plante chargée d'histoire. Le légendaire Ulysse s'en prémunit pour se protéger des sortilèges de Circée. En Inde, depuis des temps reculés, elle a été utilisée comme protection contre les mauvais esprits. Dans l'Empire Romain, elle était employée dans des rites funéraires mais aussi pour se teindre les cheveux. Au Mexique, où la plante est connue sous le nom de Gordolobo (gros loup), les pècheurs et les braconniers l'utilisent pour intoxiquer le poisson, réalisant ainsi une pèche rapide et abondante.

Utilisations

Toute la plante au complet peut être profitable, depuis la racine jusqu'à sa sommité fleurie. Beaucoup des noms populaires de cette plante révèlent les utilisations qu'on peut en faire. Par exemple : "candlewick plant" ("mèche de chandelle"), "blanket herb" ("herbe-couverture"), "tabac du diable". Ses graines, conservées à l'ombre, peuvent conserver leur propriétés germinatives durant une vingtaine d'années. Mais pour germer, elles ont besoin d'un peu d'eau, de beaucoup de soleil et surtout, d'aucun intrus aux alentours qui pourrait les concurrencer.

Feuilles

Dans les îles britanniques, les feuilles de la Molène, légèrement résineuses, ont longtemps servi à faire des mèches de chandelles. Fumées, elles décongestionnent les poumons et combattent l'asthme. Fomentées à la vapeur, puis appliquées en cataplasmes, elles servent aussi à lutter contre les hémorroïdes. Quant on aspire la vapeur que les feuilles dégagent lorsqu'elles sont dans un contenant en ébullition, elles sont imbattables contre les hémorragies internes, le manque de souffle, les sciatiques. Elles réduisent aussi les douleurs de l'épine dorsale.

Fleurs

Avec les fleurs, on obtient une teinture jaune ou sépia, selon le mordant utilisé. On recueille aussi une huile, très appréciée comme antibactérien, lorsqu'on laisse macérer les fleurs dans un récipient fermé placé dans un lieu obscur à une température tiède. Il est recommandé d'utiliser de l'huile d'olive pour parvenir à ses fins, mais tout autre type d'huile végétale peut aussi être utilisé en cas de nécessité immédiate.

Poudre et autres usages

On fait une poudre à partir des fleurs et des feuilles bien sèches, qui est très efficace pour démarrer les feux par friction. La plante entière, une fois sèche, trempée dans de l'huile végétale ou de la graisse animale, peut servir de torche. On s'en sert enfin pour rembourrer des matelas, des oreillers et des sacs de couchage. Astringeante, elle semble pouvoir soigner aussi bien les eczema, les infections des oreilles, les gencives faibles, tandis que le jus et la poudre extraits de ses racines s'attaquent aux verrues. Et dire que cette plante est considérée comme une mauvaise herbe...!