Territoire Culturel

CREAF / L’Herbier Matawin

GTC
Groupe Territoire Culturel
http://www.territoire.org
info@territoire.org
SOURCE :

Cèdre

Thuya occidentalis, Arbor Vitae
White cedar, Swamp Cedar

Origine / Habitat

Il existe seize variétés de Cèdres dans le monde, qu’on rencontre principalement en Amérique du Nord, notamment en Colombie Britannique où il peut atteindre des dimensions gigantesques, en Asie centrale et orientale, ainsi que dans les pays de la Méditerranée, notamment au Liban où il est l’emblème du pays. Son nom latin "Thuya", évoque une forme latinisée d'un mot grec "Thuo" qui signifie "fumigène" ou "sacrifice" car son bois était utilisé comme encens lors de sacrifices. Au Québec, on le rencontre le plus souvent près des lacs et des cours d’eau, des étangs et des lieux humides, sur des sols organiques ou calcaires. En hiver, ses feuilles et ses brindilles comptent parmi les aliments favoris des chevreuils. Le Cèdre est en effet particulièrement important pour la vie de la faune sauvage, car il constitue aussi un habitat en soi pour la plupart des cervidés durant les hivers rigoureux. Le lièvre, le porc-épic et l’écureuil rouge le recherchent également, à la fois comme nourriture et comme abri.

Description

Cet arbre magnifique, appelé "Arbor Vitae" (l'arbre de vie) au 16ème siècle par les colons français à la suite de Jacques Cartier, en raison de ses vertus curatives, est généralement touffu et dense, et d’une taille modérée qui dépasse rarement vingt mètres de hauteur. D’une apparence rassurante, en raison de son ramage épais, souple et protecteur, le cèdre, arbre aromatique par excellence, est le compagnon du sapin et du mélèze. On observe une couronne cônique, dense, et compacte. Ses branches arquées dissimulent un tronc difficile d’accès, à l'écorce fibreuse entrecroisée. Ses rameaux s’étagent en forme d’éventail et ses feuilles, opposées, écaillées et superposées, forment des paires à angles droits. Tandis que ses feuilles les plus hautes et les plus basses sont plutôt plates, et alourdies par une glande de résine, ses feuilles latérales sont pliées et s’imposent sur les plus fines.

Utilisations

Bois

Son bois est léger, aromatique, et d’une durée exceptionnelle ; il est également imputrescible. Il est utilisé dans de nombreux métiers, tels que la manufacture d’instruments de musique, en marqueterie, pour la sculpture et la taille. Partout où il y a de l’humidité ou de l’eau, il est utilisé pour faire des poteaux, des quais, des saunas, des bateaux, des clôtures rustiques ou des canots. Le fait qu’avec l’âge, certains Cèdres perdent leur coeur, fut ingénieusement employé par les Premières Nations pour faire des tambours. En construction, le Cèdre est réquisitionné pour faire des bardeaux de toits, des revêtements de murs, des encadrements de même que pour faire des portes et fenêtres, des comptoirs de cuisine, des bibliothèques (car il repousse les insectes, particulièrement les termites), et pour les meubles des salles de bains, puisqu'il est imperméable. On l’utilise aussi pour la fabrication d’allumettes, de meubles et d’ustensiles. Son odeur, proche du camphre et de la térébenthine, est un parfum pour les humains mais est détestée par une grande partie de la population des insectes. Il est donc naturellement un insecticide efficace. Récemment, on a commencé à l’utiliser pour faire des planches, des barrils de pommes de terre, des tonneaux, et il apparait qu’il peut aussi aussi servir à faire de la pulpe et des panneaux de particules.

Racines

Celles-ci sont rouges, flexibles, et l’on peut les utiliser d’une façon comparable à celles de l’épinette noire, quoiqu’elles soient cependant un peu moins résistantes. Si l’on souhaite prolonger la durée de vie d’un ouvrage réalisé à partir de la racine du Cèdre, il est recommandé d’utiliser des racines qui, une fois l’écorce ôtée et celles-ci bien séchées, seront replongées dans de l’huile végétale chaude ou tiède, durant deux à trois jours.

Ecorce

L’écorce extérieure du Cèdre est d’apparence ligneuse et fibreuse, et de couleur café obscur tirant vers le rouge brique sombre, recouvert d’une fiche couche grise. Prélevée d'une certaine façon, elle sert à aromatiser un espace, à purifier une pièce mal ventilée, à faire fuire les insectes, à désinfecter mais surtout à parfumer, puisque son odeur rappelle celle des encens d’église. L’écorce intérieure, quant à elle, est beaucoup plus résistante et sa texture rappelle étonnamment celle du cuir. Elle est utilisée pour faire des boites et des paniers, en morceaux collés ou tressés. Certaines nations autochtones de la côte Ouest du Canada utilisaient cette écorce pour réaliser de riches vêtements magnifiquement tressés, notamment des manteaux imperméables à manches longues et descendant jusqu’aux genoux, semblables à des cottes de maille et des parures de cuir que fuyaient les insectes, et qui servaient non seulement d’ornements mais à s’enfoncer dans les forêts sans crainte d’y laisser sa peau : raffraichissants en été et à l’épreuve de l’eau durant la saison des pluies.

Branches et feuilles

Des branches du Cèdre, on tire principalement de quoi faire des balais, des plumeaux et des accessoires pour le bain et les saunas. Des feuilles, on extrait des arômes naturels, des gelées qui accompagnant les viandes et qu’on peut servir à l’époque de la chasse, surtout pour agrémenter chevreuils et orignaux. On en tire aussi des encens, des médicaments, de l’huile bien évidemment qui sert aussi à faire des lampes, ainsi que des colorants naturels et des insecticides. Souvenons-nous qu’au temps de Jacques Cartier, la mortalité des premiers colons et des explorateurs français, exposés au scorbut, a été grandement diminuée par les tisanes de Cèdre mélangé avec de l’épinette que préparèrent les populations autochtones, d’où son nom, “arbre de vie”. Dans un tout autre ordre d’idées, le Cèdre a été utilisé à l’inverse par les Egyptiens comme ingrédient principal dans la momification. De nos jours, c’est surtout pour ses qualités ornementales qu’on l’utilise le plus, soit pour agrémenter un jardin, soit pour faire une haie ou encore enrichir une composition florale.